Après la chute du mur de Berlin et l’échec du Socialisme ‘réal-existant’ dans les pays de l’Est, avec ses économies centralisées et ses régimes totalitaires, beaucoup ont cru en la suprématie avérée du modèle de société des pays de l’Ouest. Pour les uns ce modèle de société représente toujours les valeurs de « Liberté, Égalité, Fraternité » ou porte les attributs plus récents de « prospérité, croissance économique, état de providence, liberté des marchés, égalité des chances ». Pour les autres il donne le feu vert à un capitalisme irresponsable, qui marginalise des populations croissantes et se livre à des exercices de démocratie de façade avec des politiques électoralistes. Sur la sellette aussi une société de consommation égoïste, avec sa culture du superflue, du gaspillage et du pillage de la nature. Comment voir ce grand écart ?
Le 20e siècle a connu des guerres atroces qui ont secoué le monde. Des générations entières ont dû trouver de nouvelles repères et le courage de reconstruire sur les ruines. En même temps le colonialisme perdait ses derniers fiefs.
Après la catastrophe toutes les conditions réunies pour aller vers un monde meilleur ?
L’œuvre destructeur du Fascisme et du Colonialisme a ancré dans les consciences la volonté d’aller vers des sociétés démocratiques et égalitaires qui ne voulaient ‘plus jamais ça’. La confrontation des deux modèles de société à l’Ouest et à l’Est a pourtant mené à une radicalisation des positions et à une mentalité de siège chez les uns comme chez les autres. Nous avons vu passer ainsi des régimes centralisées de gauche qui s’auto-proclamaient ‘Républiques du Peuple’ et ‘Dictatures du prolétariat’, régis par des apparatchiks. De l’autre côté des régimes démocratiques de gauche comme de droite ont inscrit le credo du libéralisme économique et du productivisme dans leurs politiques, au profit du capitalisme mondialisé, qui a su imposer ses règles.
Le résultat : la guerre froide avec des conflits militaires dans les zones d’influence des grandes puissances, avec sa course aux armements, mais également des confrontations idéologiques et politiques, qui visaient la suprématie d’un système sur l’autre au lieu de privilégier la résolution de problèmes urgents pour assurer l’avenir.
Le résultat également: la dégradation de l’environnement à l’Est comme à l’Ouest, au Nord comme au Sud. Le monde frappé par la crise climatique se rend pour la première fois plus généralement compte des conséquences du credo d’une croissance irresponsable.
Le résultat également: la répartition des richesses est toujours inégale et risque de s’accroître de nouveau avec la crise financière suivie de la crise économique.
Les multimédias témoignent de ces échecs de façon méticuleuse chaque jour et nous ne pouvons les ignorer.
Qu’en est-il de l’espoir?
Naufrage et fin d’un modèle de société ou crise salvatrice, qui nous oblige finalement à nous rendre compte de la gravité de la situation? Beaucoup dépend de la réponse que nous voulons y apporter.
L’espoir existe, si nous allons au fond des choses et acceptons que les crises sont liées à un modèle de société qui favorise le ‘laisser faire’ au profit du plus fort et qui est trop timide dans les régulations nécessaires pour inverser la tendance.
L’écologie politique est un projet de société qui réclame depuis un certain moment ce qui s’avère évident plus généralement maintenant. Il met au coeur de ses préoccupations un avenir soutenable pour les générations à venir. Il poursuit des objectifs, qui sont concrets et transversales.
Changeons nos modes de consommation non seulement pour mieux nous nourrir et pour mieux vivre, mais également pour imposer nos choix pour des produits qui correspondent aux critères d’équité environnementale et sociale. Finissons avec le productivisme!
Participons à la démocratie activement, celle de la proximité et celle qui mandate nos représentants dans les instances politiques. Finissons avec l’abstention et l’inaction!
Mettons la solidarité au coeur de nos préoccupations pour garantir l’avenir qui est menacé par l’exclusion grandissante de citoyens. Finissons avec les politiques libérales!
Prenons les crises que nous vivons au sérieux sans nous abandonner au catastrophisme et sans nous contenter des discours purement revendicateurs et du court terme. Finissons avec la politique de l’autruche!
Rassembler les écologistes pour réaliser notre projet de société !
Les réponses des politiques à la crise financière sont marquées par le soucis d’éviter le naufrage d’un modèle de société. Leurs réponses se veulent orgueilleuses, parce qu’elles doivent l’être dans un monde globalisé. Tout comme pour la crise climatique, les réponses doivent être globales.
Les réponses actuelles des politiques tentent d’éviter le pire, mais nous avons de bonnes raisons à penser que les réglementations proposées pour contrôler le libéralisme économique et financier sont trop timides et que nous allons entrer dans un cercle vicieux de mesures coûteuses qui favorisent un système avec des pertes collectivisées et des gains privatisés. Il en est de même pour les politiques environnementales. Pendant que les négociations sur le protocole de KYOTO piétinaient, nous nous rendions déjà compte qu’il faut aller plus loin, si nous voulons inverser la tendance du réchauffement climatique.
A quand donc un projet écologiste pour finir avec les crises?
Le chemin passe par le rassemblement des écologistes!
Brigitte BROZIO
