par Michel Sarrailh
L’agglomération toulousaine – même si les politiques commencent à prendre conscience des impacts de l’étalement urbain – continue à grignoter l’espace naturel environnant. Peut-on agir pour préserver la biodiversité existante sur ces territoires promis à l’urbanisation ?
L’association « Nature Midi-Pyrénées », dans le cadre du projet « Vivre avec la nature dans l’agglomération toulousaine », est intervenue sur la zone d’une prochaine ZAC d’habitat à Saint-Orens, ville de la première couronne.
Les bénévoles de l’association ont effectué des inventaires, permettant de définir l’occupation et les utilisations des différents éléments paysagers, les principaux corridors et zone refuges utilisés par la faune. Le recensement des espèces permet donc de dresser un état avant tout aménagement des lieux.
Si la végétation présente reste très liée aux pratiques agricoles, on observe néanmoins une prairie à orchidées, dont la préservation est à envisager ainsi que quatre plantes rares. Six espèces dites « invasives » présentent un fort pouvoir de propagation, ce qui doit inciter à bannir les espèces non locales dans les aménagements communaux et à établir une « charte de plantation » pour les espaces privés. L’association Arbres et Paysages d’Autan peut conseiller utilement pour le choix des espèces.
Dix neuf espèces de mammifères ont été identifiées, surtout grâce aux pelotes de rejection des rapaces et aux laissées ou empreintes, du campagnol à la genette et à la fouine. La zone étudiée est un territoire de chasse et de passage, les bosquets, haies, et bords de rivières environnants servant de zones refuges.
On doit donc préserver les haies, les corridors existants et aller vers des aménagements favorisant passages et gites, aussi bien sur les espaces communaux que privés.
Les reptiles et amphibiens sont également présents (couleuvres, lézards, crapauds, …). Là aussi il faut préserver l’existant, haies, zones humides, murets, mais aussi aménager les bassins de récupération d’eau de pluie pour favoriser l’implantation de la flore et de la faune spontanée.
Les oiseaux identifiés (57 espèces), migrateurs ou non, sont emblématiques d’une nature ‘ordinaire’ préservée et d’une cohabitation harmonieuse des activités humaines. L’alternance de zones ouvertes (friches, champs) et de bois ou de haies offre une mosaïque propice à une grande variété d’espèces. La gestion des futurs espaces verts communaux devra permettre de maintenir des friches ou de limiter l’accès à certaines zones.
La ZAC prévoit une ‘coulée verte’ principale, mais qui sera traversée par des voies routières. Il faut donc prévoir des possibilités de passage pour la petite faune.
De nombreuses recommandations sont proposées : éviter un éclairage nocturne trop puissant, supprimer l’arrosage municipal, aménagement des noues et bassins d’eau de pluie, végétaliser les axes de déplacement, sensibilisation des habitants ….
Cet inventaire révèle une biodiversité plutôt riche contrairement à ce qui était indiqué dans l’étude d’impact environnementale initiale*. Nous disposons maintenant d’indicateurs qui nous permettront de mesurer dans le futur l’impact de l’urbanisation. A nous de veiller à préserver cet environnement.
Pour plus d’infos, contacter Michel Sarrailh (michel.sarrailh at free.fr)
—
* Lors de projets routiers ou urbanistiques, le volet étude environnemental est souvent baclé. On a pu le constater dans le projet de la Liaison Multimodale Sud Est, à Toulouse, où une étude ornithologique, réalisée il y a 10 ans et montrant la présence de 120 espèces d’oiseaux, a été mise aux oubliettes par le SMTC et où également une zone humide, avec des tritons marbrés, a failli être détruite par ce projet. Merci à l’association Vera Cruz pour son combat exemplaire !
31 mars, 2009 à 12:55 |
Bonjour,
Habitants sur Cugnaux nous nous préoccupons des aménagements qui vont se faire sur le site de Francazal après le départ des militaires.
Lors d’une réunion sur le PLU de la commune j’avais soulevé l’idée d’en profiter pour créer une coulée verte entre la Ramée et l’ouest de Portet.
Y a t’il une association ou un membre des verts qui travaille sur ce dossiers ?
Cordialement
Daniel LEFEUVRE