Pandore et Gribouille au Kosovo

par Marc Vidal

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Voilà neuf ans, l’OTAN commençait sa guerre contre la Serbie. On en connaît maintenant le résultat: c’est l’indépendance du Kosovo.

On peut se réjouir ou regretter cette indépendance. L’auteur de ces lignes fait partie des gens qui la regrette et je m’en explique en détail dans le document joint.

La guerre du Kosovo (24 mars 99) a été calamiteuse dans son déclenchement, son exécution et son résultat.

Pour lancer les bombardements aériens, l’Etat français (pourtant théoriquement socialiste à cette époque) n’a même pas fait semblant de respecter la constitution: il faut une autorisation du parlement pour faire la guerre (article 35). Il me semble me souvenir que Noël Mamère a résumé la situation en disant que les parlementaires étaient « la serpillière de l’exécutif ».

En France, les élus sont là pour faire joli. On en a une preuve de plus pour ce qui croit à la vitalité de notre démocratie.

Loin d’un affrontement militaire, les bombardements de l’OTAN ont eu pour but de terroriser les civils serbes et de casser l’économie du pays (après dix ans de boycott). Cette punition collective a eu pour effet l’inverse de ce qui était annoncé: loin de défendre les kosovars, elle a provoqué une répression bien supérieure à ce qu’elle était auparavant. Les chiffres des victimes ont très clairs sur ce point.

Quant au résultat, il est nul -sauf, à considérer que l’indépendance du Kosovo avait déjà été décidée à l’époque. Il fallait neutraliser la folie nationaliste serbe mais certainement pas de cette façon, ni au prix des mensonges dont on a été abreuvé à l’époque.

Quel était donc le véritable but recherché ? Il existe deux thèses opposées et même ennemies, pour faire vite disons celle de Kouchner et celle des chevènementistes. Les uns font de l’ingérence humanitaire à coup de bombes. Les autres veulent contrer les manoeuvres américaines (avec le relais allemand sur cette affaire) pour garantir l’indépendance de la France.

Les uns ont servi sans état d’âme le nationalisme albanais. Les autres ont tiré prétexte de ce conflit pour défendre le nationalisme français.

Triste affaire. Au moment de la construction de l’Europe, on n’a rien trouvé de mieux que de retomber dans les ornières des vieux nationalismes.

Lire l’analyse complète (deux pages) dans le .pdf: independance_du_kosovo.

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