Prix de l’eau sur le bassin Adour-Garonne : il va monter

Le vendredi 8 décembre, la Maison Régionale de l’Environnement a organisé un petit déjeuner sur le prix de l’eau. Bien que non invités, les Verts y étaient présents en la  personne de Stéphane Coppey.

Le prix moyen de l’eau est de 3 euros pour 1000 litres, ce qui paraît dérisoire par-rapport au prix des eaux minérales vendues en magasin.

En réalité, l’eau ne coûte rien. Ce que nous payons correspond pour l’essentiel au service d’assainissement et au service de distribution (environ 40% pour chacun). La redevance collectée par l’Agence Adour-Garonne sur l’eau est utilisée pour l’assainissement.

Ce prix “dérisoire” n’est-il pas pourtant trop élevé ? Ne pourrait-on pas le faire baisser en choisissant la forme juridique la plus adaptée : la gestion publique de l’eau ou au contraire la délégation de service public (DSP) ? Dans ce dernier cas, une société commerciale est chargée d’assurer un service public.

La question est d’actualité suite à une enquête de l’UFC (Union Française des Consommateurs) qui faisait état d’un prix de l’eau trop élevé à Toulouse. Le débat a évidemment tourné autour de cette problématique. A Grenoble, lors du passage en régie publique, le prix de l’eau s’est effondré. Une simple négociation à Lyon entre la commune et le délégataire a fait baisser le prix de l’eau de 17%.
Deux positions s’affrontent d’un point de vue plus politique. Pour les uns, l’eau est un bien public qui ne peut être géré que par une organisation publique dans l’intérêt des citoyens. Pour les autres, l’opportunisme est de mise : une bonne négociation avec une société délégataire permet de profiter à peu de frais de l’expertise technique dont la commune ne dispose pas.

Pour répondre à ces questions, la MRE avait invité un économiste spécialisé dans l’économie des ressources naturelles que l’on voit d’ailleurs souvent dans ce type de réunion, Alan Thomas (laboratoire toulousain, LERNA).
Il en ressort une certitude : l’eau est plus chère quand le service est assuré par le privé. L’écart de prix est toutefois à géométrie variable en fonction de toutes sortes de facteurs. On avance un écart de +33% qui tombe à +13% voire à +6% selon les facteurs pris en compte.

Il est certain que l’assainissement devient depuis quelques années de plus en plus cher, notamment sous l’effet d’une directive cadre européenne qui fixe des objectifs ambitieux à échéance de 2015. Outre les nitrates et pesticides, de nouveaux polluants (issus notamment de la chimie de synthèse) vont obliger à faire une épuration plus coûteuse. Ne serait-il pas plus simple de garantir la qualité des eaux dans la nature pour économiser sur les coûts d’épuration ?

La représentante de l’agence de l’eau Adour-Garonne, Mme Borie, a clairement indiqué que le prix de l’eau va augmenter en Midi-Pyrénées. Le circuit de distribution de l’eau est en mauvais état (10% de plus de fuites que la moyenne française). Il va falloir y investir. La disponibilité de l’eau risque même de poser problème (c’est un des arguments pour le barrage de Charlas). Sous l’effet d’hivers plus secs et d’étés plus chauds, on risque d’arriver dans l’avenir à une ressource plus rare et donc à des choix entre les diverses utilisations de l’eau.

Le prix de l’eau diminuera sans doute si on passe sous une forme juridique plus proche de la régie. Mais d’après la directrice de l’agence de l’Eau, le facteur-clé restera le maître d’ouvrage. Que l’on soit en régie ou en DSP, le coût de l’eau varie en fonction de son savoir-faire.

Conclusion

L’eau est liée à la vie. Elle est centrale, plus importante que l’Education ou la Démocratie. La République française n’a jamais jugé bon de faire un service public de l’eau mais peu importe : les collectivités territoriales s’en sont préoccupées, parfois même en instaurant des systèmes de péréquation entre communes. Il faut le dire : l’eau n’est privatisée nulle part en France, même si sa distribution fait souvent l’objet de concession ou d’affermage.

Les Verts sont évidemment soucieux de cesser de marcher sur la tête : cesser de polluer pour s’éviter ensuite d’avoir à dépolluer et à épurer. Mais les Verts sont aussi soucieux de justice sociale. Ils ont d’ailleurs fait une proposition simple : 40 litres d¹eau par jour et par personne gratuits.
Au delà, un système de prix par paliers pourrait rendre l’eau presque gratuite pour les plus démunis. Elle coûterait ensuite de plus en plus cher au fur et à mesure que l’on monte dans l’échelle de revenus.

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Pour en savoir plus :

On peut écouter la table-ronde dans sa totalité sur le site de la MRE : http://www.mre-mip.com/pdj/PageDac.htm.
Une autre source d’infos intéressante est la Mission Agroscience : http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2261
Le site pour le retour de l’eau en régie publique : http://seaus.free.fr/

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