Les élections se succèdent, les problèmes restent.

By webmestre

par Brigitte Brozio

brozio.jpgLe deuxième tour des législatives 2007 a montré qu’un certain nombre de citoyens voyait la nécessité de corriger le résultat du 1er tour afin d’éviter le tsunami bleu. Ils ont bien fait. Toute démocratie vit de la capacité de toutes ses composantes de se faire entendre.

D’autres n’ont plus trouvé l’élan de se déplacer pour ces élections législatives. Tous sont unanimes, le taux d’abstention élevé mérite une analyse. Beaucoup ont pensé que la présidentielle est l’essentiel et que les jeux étaient déjà faits.

Les logiques qu’imposent les institutions de la 5e république semblent leur donner raison. Nombre de citoyens ont peu d’espoir dans ces politiques qui n’arrivent pas à réaliser de vraies alternatives une fois terminé les discours incantatoires des campagnes électorales.

 

Le spectacle médiatique qui accompagne les campagnes a sa propre logique. Il passionne et influence un grand nombre, mais semble faire bâiller beaucoup d’autres, qui préfèrent aller à la plage le jour du vote.

 

A qui la faute – aux institutions, aux partis, aux médias, aux électeurs ?

 

Les Verts demandent depuis longtemps un changement radical des institutions vers une 6ème république, qui permettra une juste représentation de ceux qui participent à la vie politique sur la base des résultats dans les urnes. Néanmoins le bipartisme se confirme d’une élection à l’autre en donnant un espace démesuré aux grands partis et un espace réduit aux autres vu la répartition des sièges au parlement. Est-ce que cette préférence pour des majorités nettes profite au pays ? Est-ce que les réalisations politiques du passé justifient cette muselière limitant l’expression démocratique et diverse ? Je le conteste, mais je laisse juger le lecteur.

 

D’un autre côté quels sont les avantages d’un système présidentiel qui limite le rôle du parlement ? Combien d’hommes providentiels n’ont-ils pas déjà promis le sursaut décisif afin de résoudre ces problèmes bien souvent structurels et qui nécessitent un consensus large et une prise de conscience générale? Est-ce que ce système présidentiel épaulé d’un mode de scrutin qui favorise les majorités nettes n’empêche pas justement ce consensus large au sein des citoyens qui pourrait porter des vraies solutions suite à un vrai débat démocratique ? SARKOZY conscient du danger veut nous tromper avec quelques représentants de gauche ou du milieu associatif dans son nouveau gouvernement.

 

Les VERTS, parti de l’écologie politique, assument depuis longtemps le fait qu’ils attirent moins aux élections nationales où le système électoral leur est défavorable qu’aux élections régionales et locales. Quand l’électeur leur accorde sa confiance les élu-e-s verts s’investissent à fond et peuvent se vanter d’un bon bilan de transformation des politiques vers les solutions écologiques indispensables. Ils sont également des innovateurs dans des secteurs comme l’économie sociale et solidaire et la vie associative, qui constituent des alternatives plus justes à la société libérale.

 

Ces législatives 2007 obligent toute la Gauche à réfléchir sur la stratégie à suivre et aux réactions possibles face aux politiques qui nous attendent. Beaucoup ont tendance de vouloir baisser les bras et pourtant … c’est justement maintenant qu’il faut montrer notre capacité de résistance. C’est vrai qu’il faut rompre avec certaines pratiques courantes dans le parti Vert, mais il faut aussi construire dans la continuité. Tout n’est pas à jeter, loin de là.

Brigitte BROZIO, Adhérente aux Verts Midi-Pyrénées

20 juin 2007

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